Imo - Dessin n°1

Imo - Dessin n°1
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# Postato sabato 19 dicembre 2009 16:38

Imo - Extrait n°1

<< Imo. Voilà le mot qui définit au mieux ce que je suis. Je suis une imo. Et qui dit imo dit presuqe obligatoirement bi. Moi je suis les deux. Imo et bi.
Je déteste l'école. J'ai dix-sept ans et je travailles dans un pub souvent bourré d'ivrognes. Je vis avec ma copine dans un squat occupé par beaucoup d'autres imos dont je ne connais pas la moitiée. On vit là en attendant de trouver mieux. Ce qui n'est pas près d'arriver...
A première vue on pourrait croire que ma vie est littéralement catastrophique. Eh bien non. Malgré la noirceur du monde dans lequel je vis, un magnifique rayon de soleil vient illuminer mes jours pluvieux. Ce rayon de soleil s'appelle Gabriel. Comme l'ange du même nom. Ce doit être lui car il a la tête et le corps d'un ange. Il fait partie des squatteurs avec lesquels nous cohabitons. Il est très étrange ; Il ne parle et ne sourit jamais, il est toujours seul... Bien des squatteurs(euses) ont essayé de le tirer de sa léthargie, de briser son mur de solitude et parfois avec des moyens très peu corrects. Il n'a jamais daigné sortir de sa transe. Il reste des heures assis devant la lune à rêver à je ne saurais vous dire quoi. Même la plus "convaincante" des squatteuse n'a rien pu en tirer. C'est vous dire. Ce Prince - Mon Prince - du ciel reste cloîtré sur son tabouret face à la petite lucarne qui donne sur la lune. Parfois il écrit dans un petit cahier noir que personne - éxcepté Gabriel - n'a encore ouvert. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé.
Lorsqu'il écrit, ses cheveux blonds reviennent en avant, cachant son visage parfait en un rideau couleur soleil. Même si la plupart des squatteurs sont en couple, personne - sauf Mélanie - ne peut affirmer d'une voix pleine d'assurance qu'il n'est pas attiré par Gabriel. Et je suis la première de la liste. Il lui suffit de lever les yeux de son journal pour que mon coeur batte la chamade et que mes jambes se mettent à trembler ( seule Mélanie ne fond pas littéralement devant lui. Elle est bien trop amoureuse de moi) .
Même s'il ne sourit jamais. Ou presque jamais. Il ne plaisante jamais non plus. Pire, il ne parle pas. Ou du moins très peu souvent. C'est un peu comme s'il était coincé dans un bloc de glace. Et je ne suis pas la première à vouloir le faire fondre...>>
A présent je regarde la lune. Tout près de Mon Prince, je reste là à me demander pourquoi lui ? Pourquoi ici ? Pourquoi maitenant ? Et, sutout, pourquoi comme ça ? Je n'ose pas détourner mon regard de la lune de peur qu'il ne me voie l'observer. Je reste donc là, à quelques mètres de lui. Nous sommes seuls. Le reste des squatteurs - ma copine comprise - sont partis faires les "comissions". C'est à dire aller voler un magasin avec une fausse carte de crédit de l'autre côté de la frontière pour ne pas être repérés. Gabriel et moi sommes de garde jusqu'à leur retour. C'est à dire deux jours.
Je risquai un regard à ma gauche. Personne ! Mon coeur s'emballa, l'air commença à me manquer. Je le cherchai partout des yeux. Encore et encore, je fouillai la pièce du regard...
- Tu cherches quelqu'un ? fait une voix derrière moi.
Je sursaute, me retourne. Il est là, adossé au mur, les yeux rivés sur la lune. Je ne l'avais pas entendu se déplacer, tellement j'étais préoccupée par mes rêves.
- Euh...nan, je...
- Alors pourquoi t'affoles-tu ? sourit-il.
Je n'avais pas encore remarqué qu'il avait parlé. Il avait ouvert la bouche! Mieux, il avait tout bonnement ouvert la discussion !!! Puis sa question me revint en tête. Trouver une réponse qui paraîtrait crédible !!!
- Euh... j'avais froid et ... je cherchais mon pull des yeux mais je ne le trouve pas... il doit être dans ma chambre. Je vais aller le chercher.
Je me levai mais, dans un mouvement parfait, Gabriel se posta devant moi et, tout en me souriant, emleva son sweat et me le tendit.
- Tiens, il fait bien assez chaud pour moi...
Je n'en crus pas mes yeux. Ni mes oreilles. Mon Prince, en débardeur blanc moulant, me tendais son pull, un grand sourire aux lèvres. Je n'hésitais qu'une seconde. Je saisis le sweat en bafouillant un merci inaudible. Je l'enfilai puis me rassis. Gabriel alla s'asseoir en face de moi et, pour la première fois, dos à la lune. Il m'observais et malgré le pull je sens une trace de feu là où il a posé son regard. Moi qui avais l'impression de geler quelques instants plus tôt, à présent je mourrais d'envie d'hôter le sweat.
- Dis, tu ne parles jamais d'ordinaire... commençais-je, hésitante.
- Oh ça... Si c'est pour se faire couper la parole toutes les deux phrases... Personnellement je n'en vois pas l'intérêt.
Je gardai le silence. Que répondre à ça ? Que moi je l'écouterais sans l'interrompre une seule fois s'il le voulait ? Autant gader la bouche fermée...
- Regardes : toi et ta copine. Vous ne parlez jamais non plus, et en plus vous êtes deux.
Dans le mille. Mélanie et moi ne parlions que pour des choses vraiment essentielles. Je ne m'en étais jamais aperçue avant. D'ordinaire nous communiquions d'une façon plus... corporelle.
- Oui, admis-je les yeux dans le vague. C'est que nous n'avons pas grand chose à nous dire...
- C'est là où je voulais en venir ! , s'exclama-t-il d'un ton joyeux. Les gens ordinaires parlent pour ne rien dire. Et au final, ils se blessent les uns les autres. C'est vraiment stupide!
- Mais alors notre discussion est stupide ?, dis-je d'une voix que j'aurais souhaitée plus assurée et plus avenante.
- Non, tu as raison, toutes les discussions ne sont pas stupides. J'aime parler de sujets intéressants avec des personnes qui en valent la peine. Et j'ai l'impression que tu en vaux la peine.
Je rougis sous le compliment. Gabriel se leva et sortit une bouteille de smirnoff du minibar.
- Tu veux boire quelque chose?, proposa-t-il.
- Je prendrai la même chose que toi.
- Et peux-tu mettre un peu de musique, s'il te plaît ?
- Quel genre de musique?
- C'est égal tant que ce n'est pas trop violent.
Je me détournai pour m'approcher de la stéréo. Pas trop violent? Dans un squat d'imos dégénérés? Il plaisantait ou quoi? Je réussis cependant à dénicher un cd d'Evanescence. Je l'enfilai dans la stéréo et appuyai sur play. La musique commença gentillement.
- Tu aimes ça ?, s'étonna-t-il.
- Ben c'est le plus calme que j'ai trouvé...
Il rit et me tendit un verre. Mon rire se joignit au sien. On trinqua à une petite soirée tranquille dans un squat de surexcités.
Après avoir parlé de la stupidité du monde et des bienfaits de la liberté, nous en sommes venus à sa vie privée... Gabriel le Mystérieux était en fait un artiste non reconnu de la société. Son art glauque et rebel effrayait la plupart des gens à qui il proposait des expositions.Il ne recherchait pourtant que la reconnaissance d'un monde passif à son art.
Je l'écoutai raconter l'histoire de sa vie en prenant bien soin de ne pas l'interrompre. Cependant mes paupières commencèrent à devenir lourdes. Mon cerveau ne parvenait plus à réfléchir correctement et peu à peu je me sentais tomber dans le sommeil.
J'entendis Gabriel parler au téléphone. Ensuite il me pris dans ses bras et me souleva du canapé. Il m'entraîna derrière le salon. Nous arrivions au niveau d'une porte - <<que je ne connais pas>> ais-je eu le temps de penser. - lorsque mes yeux se fermèrent définitivement.
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# Postato sabato 19 dicembre 2009 15:50

Modificato sabato 19 dicembre 2009 16:37